Extrait du journal d'Auguste Pavie

(© ANOM)

Transcription textuelle

Je vais donc finir ce cahier avec ce petit voyage que je suis reconnaissant à M. Klobu de m'avoir fait faire ; j'ai la chance de bien me porter quoique je m'aperçoive d'un affaiblissement lent mais point douteux.
J'en rapporte une vingtaine de clichés 13/20. Je ne compte guère les développer avec chance, j'ai été si malheureux avec ceux du dernier voyage et j'ai de plus la moisissure à craindre. Il ne faut pas que j'oublie de noter que j'ai eu occasion de voir le roi et un de ses fils jouer à la "sey" (?) d'une façon remarquable. Le riz promis pour les arrondissements de Romduol et Svai-reap est toujours pas parti de Phnom Penh. On s'explique que le gouverneur de Romduol ait refusé de venir à cause des plaintes de habitants.
Nous avons actuellement 500 hommes à Phnom Penh, c'est la plus forte garnison qu'il y ait eu ; le colonel en faisant remarquer cela ajoute que 60 hommes sont malades et que 100 hommes vont partir en colonne demain matin.
Au moment de quitter protectorat M. Klobu dit qu'il est entendu qu'après demain matin nous partirons en vapeur pour Oudon ; le roi a fait demander docteur pour voir sa mère ; M. Klobu profitera de cette occasion pour tâcher d'avoir des preuves des agissements du roi, de ses relations avec les rebelles etc. etc. cette expédition ne me dit rien qui vaille. Je n'approuve pas et ne l'ai pas caché, qu'on perde ainsi son temps. Le protectorat prévient que la ligne d'Oudon à Phnom Penh et celle d'Oudong à Kompong Chhnang ont été coupées d'après les ordres du prince Dong Tiac fils favori du roi.