Extrait du journal de Pavie

(© ANOM)

Transcription textuelle

[...] Ils commencent à 500 m le feu contre les rebelles dont la marche n'est pas très claire, les uns semblant aller vers le nord, les autres vers le sud. Pendant ce temps le lieutenant surveille les taillis en avant de nous où on suppose que rebelles pouvaient songer à se diriger.
Les éléphants et les chars sont réunis en un seul groupe au centre de la plaine, les premiers en avant, les charrettes en arrière ; la fusillade lorsqu'elle commence ne fait bouger ni les éléphants ni les bœufs.
Autour du second roi sont groupés 300 cambodgiens diversement armés, le roi tient un fusil dans une main , une poignée de cartouches dans l'autre, il veut absolument tirer, et dit à ses porte-drapeaux à chaque instant « avancez encore » et lui-même malgré nous arrive avec son entourage à être à 500 m en avant des éléphants. On l'empêche de tirer se dit-il comme navré, tandis que ses deux fils aînés nous demandent nos fusils et que le jeune sautille en disant « sabai » !
Les soldats français avancent par escouades échelonnées, les tagals en tirailleurs, le capitaine fait demander les Cambodgiens armés de fusils pour aller se porter à la gauche des tagals et empêcher rebelles de se diriger sur notre avant.
Ceux-ci tirent peu, quelques coups de pierrier parmi les coups de fusils dont les balles n'arrivent pas jusqu'à notre groupe et ne blessent pas les soldats devant nous. A 8h 15 le capitaine envoie ordre de remettre convoi en marche, l'ennemi étant en fuite vers le sud. Mais au moment où il va ramener sa troupe une décharge à 200 m fait siffler sur sa tête les dernières balles que doivent envoyer les rebelles. Il fait exécuter des feux de salve qui dispersent définitivement les gens qui ont tiré et à 8h 35 on se remet en route. A Phloueng Ché Roté pas d'eau, marchons jusqu'à Trepang Leuk.
Campons en plein soleil. Cette escarmouche nous a montré le roi et plusieurs mandarins sous un jour très favorable. Au moment de partir le roi fait prévenir qu'on va tuer l'homme de Kedey Ketim et en passant 10 m. après nous voyons qu'on enfonce dans sa tête coupée un bambou planté encore en terre [...]

[...] Ils commencent à 500 m le feu contre les rebelles dont la marche n'est pas très claire, les uns semblant aller vers le nord, les autres vers le sud. Pendant ce temps le lieutenant surveille les taillis en avant de nous où on suppose que rebelles pouvaient songer à se diriger.
Les éléphants et les chars sont réunis en un seul groupe au centre de la plaine, les premiers en avant, les charrettes en arrière ; la fusillade lorsqu'elle commence ne fait bouger ni les éléphants ni les bœufs.
Autour du second roi sont groupés 300 cambodgiens diversement armés, le roi tient un fusil dans une main , une poignée de cartouches dans l'autre, il veut absolument tirer, et dit à ses porte-drapeaux à chaque instant « avancez encore » et lui-même malgré nous arrive avec son entourage à être à 500 m en avant des éléphants. On l'empêche de tirer se dit-il comme navré, tandis que ses deux fils aînés nous demandent nos fusils et que le jeune sautille en disant « sabai » !
Les soldats français avancent par escouades échelonnées, les tagals en tirailleurs, le capitaine fait demander les Cambodgiens armés de fusils pour aller se porter à la gauche des tagals et empêcher rebelles de se diriger sur notre avant.
Ceux-ci tirent peu, quelques coups de pierrier parmi les coups de fusils dont les balles n'arrivent pas jusqu'à notre groupe et ne blessent pas les soldats devant nous. A 8h 15 le capitaine envoie ordre de remettre convoi en marche, l'ennemi étant en fuite vers le sud. Mais au moment où il va ramener sa troupe une décharge à 200 m fait siffler sur sa tête les dernières balles que doivent envoyer les rebelles. Il fait exécuter des feux de salve qui dispersent définitivement les gens qui ont tiré et à 8h 35 on se remet en route. A Phloueng Ché Roté pas d'eau, marchons jusqu'à Trepang Leuk.
Campons en plein soleil. Cette escarmouche nous a montré le roi et plusieurs mandarins sous un jour très favorable. Au moment de partir le roi fait prévenir qu'on va tuer l'homme de Kedey Ketim et en passant 10 m. après nous voyons qu'on enfonce dans sa tête coupée un bambou planté encore en terre [...]