Extrait du journal de Pavie

(© ANOM )

Transcription textuelle

Lorsque les Siamois ont enlevé les populations cambodgiennes pour les transporter dans les déserts de leur pays ils ont toujours respecté les bonzes et ce sont ceux-ci qui d’eux-mêmes pour soutenir leurs frères dans la captivité se joignaient aux troupeaux humains ainsi arraché(s) au sol de la patrie.
Pendant les derniers troubles les chefs de plusieurs colonnes se sont conduits d’une façon qu’on pourrait qualifier de honteuse s’il ne fallait faire remonter à d’autres la responsabilité d’actes dûs à leur ignorance, à leur incapacité militaire, aux instincts sauvages, sanguinaires de quelques uns et à l’ennui, la déception générale éprouvée par presque tous les officiers de faire ce qu’ils appelaient une campagne à l’œil, d’en avoir tous les inconvénients, sans en retirer les avantages ordinaires.
De là ce sentiment qui peut-être considéré comme une sorte d’indiscipline qui a conduit ces officiers à accomplir des actes odieux qu’il faudra peut-être bien du temps pour effacer.
La destruction complète des lieux habités d’une province par les colonnes Deleschamps et Silvani qui cependant n’ont à elles deux eu qu’un annamite tué pendant les six mois qu’a duré la campagne, ces pertes ne justifiaient pas la destruction et le pillage de 80 temples bouddhistes ni l’exécution de bonzes dont on fera des martyres peut-être.
On peut sûrement attribuer à la conduite de ces deux officiers l’énergie qu’ont mise les bandes de Takeo et de Pursat dans la défense de leur retranchement si on remarque que la révolte ne s’est montrée dans ces provinces que un et deux mois après les événements de Banam, c’est-à-dire lorsque le bruit de ces événements a eu le temps de se répandre et d’être exploité par les intéressés.
Eh bien n’est-il pas remarquable que chassés de leurs pagodes brûlées, les bonzes n’ont pas pris la direction d’un mouvement désespéré et soient restés constamment à l’écart. On sait que dans la province de Leuk Dek un chef de pagode fut pris par les rebelles comme chef et forcé de les suivre et qu’il quitta aussitôt ses vêtements religieux.
Ainsi notre conduite est toute tracée à l’égard des bonzes, leur témoigner le respect qu’ils méritent en somme, les aider au besoin, nous en faire de véritables auxiliaires [...]

Lorsque les Siamois ont enlevé les populations cambodgiennes pour les transporter dans les déserts de leur pays ils ont toujours respecté les bonzes et ce sont ceux-ci qui d’eux-mêmes pour soutenir leurs frères dans la captivité se joignaient aux troupeaux humains ainsi arraché(s) au sol de la patrie.
Pendant les derniers troubles les chefs de plusieurs colonnes se sont conduits d’une façon qu’on pourrait qualifier de honteuse s’il ne fallait faire remonter à d’autres la responsabilité d’actes dûs à leur ignorance, à leur incapacité militaire, aux instincts sauvages, sanguinaires de quelques uns et à l’ennui, la déception générale éprouvée par presque tous les officiers de faire ce qu’ils appelaient une campagne à l’œil, d’en avoir tous les inconvénients, sans en retirer les avantages ordinaires.
De là ce sentiment qui peut-être considéré comme une sorte d’indiscipline qui a conduit ces officiers à accomplir des actes odieux qu’il faudra peut-être bien du temps pour effacer.
La destruction complète des lieux habités d’une province par les colonnes Deleschamps et Silvani qui cependant n’ont à elles deux eu qu’un annamite tué pendant les six mois qu’a duré la campagne, ces pertes ne justifiaient pas la destruction et le pillage de 80 temples bouddhistes ni l’exécution de bonzes dont on fera des martyres peut-être.
On peut sûrement attribuer à la conduite de ces deux officiers l’énergie qu’ont mise les bandes de Takeo et de Pursat dans la défense de leur retranchement si on remarque que la révolte ne s’est montrée dans ces provinces que un et deux mois après les événements de Banam, c’est-à-dire lorsque le bruit de ces événements a eu le temps de se répandre et d’être exploité par les intéressés.
Eh bien n’est-il pas remarquable que chassés de leurs pagodes brûlées, les bonzes n’ont pas pris la direction d’un mouvement désespéré et soient restés constamment à l’écart. On sait que dans la province de Leuk Dek un chef de pagode fut pris par les rebelles comme chef et forcé de les suivre et qu’il quitta aussitôt ses vêtements religieux.
Ainsi notre conduite est toute tracée à l’égard des bonzes, leur témoigner le respect qu’ils méritent en somme, les aider au besoin, nous en faire de véritables auxiliaires [...]