Extrait du journal de Pavie

(© ANOM)

Transcription textuelle

[...] 27 février au 12 mars
Installé au protectorat sous vérandah je fais avec représentant et colonel voyage à Svai Romiet et Roka-Kong 2 fois pour installation des gouverneurs de Prey Veng et Svai Romiet. Voyage pour essayer rétablir fils aux grands poteaux.
13 mars. Je pars à 9h soir avec représentant et milice cambodgienne pour aller pacifier ( !) la province de Banam. Arrivé à Banam à 2h45 matin
14 mars. La colonne Silvani nous attend.40 soldats français, 150 tirailleurs, M. Arnaud, Duplessis et Deleschères, Cazeau interprète, Diep. Les : Sombat Thibann gouverneur de Banam, gouverneur de Peam Chor et gouverneur de Romduol (borgne). Départ à 6h m. 200 cambodgiens armés de bâtons, de lances etc. marchant en avant. Lamache me prête sa selle, le capitaine un cheval blessé et je me tiens près représentant.
Arrivée à Ksach Sâ à 9h30 après passage pont bambou dont photographie.
La pagode sur éminence pittoresque a été brûlée par Deleschamps.
Le coolie à tête rasée vient se plaindre au capitaine qu'un tirailleur lui a volé 10 p. Comme il ne peut se dépêtrer de son accusation, le capitaine en colère lui fait donner 10 coups de rotin par un caporal indigène. C'est la fesse droite qui attrape tout. Le pauvre diable s'en va en hurlant mais revient un peu après ramenant 2 témoins et l'accusé ; cette fois c'est l'accusé qui écoppe ; le capitaine lui donne quelques coups de poings sur la tête, le jette à terre et le piétine ! paraît que c'est toujours comme ça.
Cambodgiens campés à quelque centaines de mètres ont fait reconnaissances et rien vu. On colle affiches par ci, par là et à 3 heures en route pour Bat-day village également détruit par nos troupes, légèrement au nord de Baphnom. Campons à 5 h. dans rizières nues au centre carré. Les Cambodgiens sur notre droite, en avant, près de la mare pleine de lotus qui donnait l'eau au village. A 5 1/2 j'accompagne Fourès à Baphnom. Trouvons case gouverneur brûlée toujours par nous. Site très joli. Absolument déserté. Les hommes sans que nous y opposions prennent 3 petits cochons et les portent au campement.
15 mars. A 2h matin. 2 coups de feu sur la droite. Aux armes ! la colonne est habituée à ça ; sans un seul cri, sans bruit, le carré s'est formé. Le capitaine regarde et dit : « aux renseignements ». Les lieutenants détachent un homme sur chaque face. 2 minutes après c'est sur la droite, en avant. On a tiré de lisière forêt sur campement cambodgien. Ceux qui ont tiré ont fui ensuite. C'ets bon, repos [...]

[...] 27 février au 12 mars
Installé au protectorat sous vérandah je fais avec représentant et colonel voyage à Svai Romiet et Roka-Kong 2 fois pour installation des gouverneurs de Prey Veng et Svai Romiet. Voyage pour essayer rétablir fils aux grands poteaux.
13 mars. Je pars à 9h soir avec représentant et milice cambodgienne pour aller pacifier ( !) la province de Banam. Arrivé à Banam à 2h45 matin
14 mars. La colonne Silvani nous attend.40 soldats français, 150 tirailleurs, M. Arnaud, Duplessis et Deleschères, Cazeau interprète, Diep. Les : Sombat Thibann gouverneur de Banam, gouverneur de Peam Chor et gouverneur de Romduol (borgne). Départ à 6h m. 200 cambodgiens armés de bâtons, de lances etc. marchant en avant. Lamache me prête sa selle, le capitaine un cheval blessé et je me tiens près représentant.
Arrivée à Ksach Sâ à 9h30 après passage pont bambou dont photographie.
La pagode sur éminence pittoresque a été brûlée par Deleschamps.
Le coolie à tête rasée vient se plaindre au capitaine qu'un tirailleur lui a volé 10 p. Comme il ne peut se dépêtrer de son accusation, le capitaine en colère lui fait donner 10 coups de rotin par un caporal indigène. C'est la fesse droite qui attrape tout. Le pauvre diable s'en va en hurlant mais revient un peu après ramenant 2 témoins et l'accusé ; cette fois c'est l'accusé qui écoppe ; le capitaine lui donne quelques coups de poings sur la tête, le jette à terre et le piétine ! paraît que c'est toujours comme ça.
Cambodgiens campés à quelque centaines de mètres ont fait reconnaissances et rien vu. On colle affiches par ci, par là et à 3 heures en route pour Bat-day village également détruit par nos troupes, légèrement au nord de Baphnom. Campons à 5 h. dans rizières nues au centre carré. Les Cambodgiens sur notre droite, en avant, près de la mare pleine de lotus qui donnait l'eau au village. A 5 1/2 j'accompagne Fourès à Baphnom. Trouvons case gouverneur brûlée toujours par nous. Site très joli. Absolument déserté. Les hommes sans que nous y opposions prennent 3 petits cochons et les portent au campement.
15 mars. A 2h matin. 2 coups de feu sur la droite. Aux armes ! la colonne est habituée à ça ; sans un seul cri, sans bruit, le carré s'est formé. Le capitaine regarde et dit : « aux renseignements ». Les lieutenants détachent un homme sur chaque face. 2 minutes après c'est sur la droite, en avant. On a tiré de lisière forêt sur campement cambodgien. Ceux qui ont tiré ont fui ensuite. C'ets bon, repos [...]