Extrait du journal de Pavie

(© Bibliothèque municipale de Dinan)

Transcription textuelle

Il nous a toujours eu en aversion. Le 17 juin lui a donné de nous de l'horreur. Cette bête humiliée est capable encore de nuire.
Le peuple cambodgien qui avait parfaitement accueilli la convention qui en avait attendu les effets s'est tout à coup vu avant que nous lui ayons constitué des chefs commandé par des agitateurs dans une action contre nous ; la grande majorité s'est réfugiée dans les bois, le petit nombre qui n'a pu se soustraire à ces chefs et qui était surtout composé des anciens mandarins et de leurs clients chose fort explicable s'est rencontré avec nos colonnes. Mais qu'on ne croie pas à un soulèvement, cela n'est pas vrai. Tout ce que le roi a pu faire c'est nous opposer les malheureux obligés par leur position de lui obéir. Il faut songer que la province de Banam a 28 000 inscrits et qu'une colonne de 40 Français et 80 Annamites l'a tenue 6 mois.
Toute cette affaire qui pourrait montrer le peuple cambodgien sous un faux jour a été une abominable comédie. Aujourd'hui qu'arrive t-il ? nous avons laissé le roi nous créer toutes sortes d'embarras. Nous lui avons continué notre considération apparente, le calme se rétablit parce qu'il le veut. Il restera dans le pays un sentiment d'inquiétude ; on craindra de le voir ordonner à un propos quelconque une prise d'armes.
Lui le sait, il aura ses exigences. Notre prestige en souffrira à l'extérieur dans ces régions de l'Indochine où nous sommes attendus, sinon désirés. Siam aussi prendra la note dans notre conduite . On sait l'antipathie profonde de la famille royale de Bangkok pour Norodom ; il y aura donc beaucoup de peine à prendre pour effacer la mauvaise impression produite par la solution qui comporte le maintien. Il sera bon de lui faire comprendre que c'est une faveur qu'on lui fait, qu'il ait à faire en sorte de nous satisfaire.
Absolument inabordable pour les mandarins et le peuple il n'est plus capable de modifier son genre de vie. Il est vraiment malheureux à tous égards qu'on en ait pas fini avec ce personnage qui pourra devenir fort gênant. Ainsi que nous le disions plus haut, le Cambodge est petit dans l'Indochine mais le peuple qui l'habite a souvenir d'une grandeur passée, ceux qui ne connaissent pas les Cambodgiens appellent ce sentiment intime qu'ils ont de l'orgueil. Janneau s'y est trompé, il n'avait pas eu le temps de les apprécier et était sous l'influence trop directe d'une smala annamite (femme, boys et escouade de miliciens).
Comme la ruine de l'empire khmer est due à l'arrivée des Siamois sur la scène et en dernier lieu des Annamites, il s'en suit qu'il est resté chez le Cambodgien une sorte de haine pour le premier, une aversion dédaigneuse pour le second ; on peut même dire répulsion.
L'un et l'autre ne sont pas de sa race. Lui vient de l'Inde, eux ont du sang chinois. La différence de sentiment qu'il a pour les deux ennemis héréditaires tient à ce que le Siamois a sa religion, que l'Annamite n'en a pas , tient à la communauté de mœurs de religion avec le Siamois. La différence de race seule les sépare. Les Annamites ont une barrière plus forte.
1er septembre Aujourd'hui à midi il nous reste 186 milles à faire pour atteindre Colombo. Le lever de la boîte aux lettres est pour 8 heures et ma lettre au gouverneur n'est pas commencée [...]

Il nous a toujours eu en aversion. Le 17 juin lui a donné de nous de l'horreur. Cette bête humiliée est capable encore de nuire.
Le peuple cambodgien qui avait parfaitement accueilli la convention qui en avait attendu les effets s'est tout à coup vu avant que nous lui ayons constitué des chefs commandé par des agitateurs dans une action contre nous ; la grande majorité s'est réfugiée dans les bois, le petit nombre qui n'a pu se soustraire à ces chefs et qui était surtout composé des anciens mandarins et de leurs clients chose fort explicable s'est rencontré avec nos colonnes. Mais qu'on ne croie pas à un soulèvement, cela n'est pas vrai. Tout ce que le roi a pu faire c'est nous opposer les malheureux obligés par leur position de lui obéir. Il faut songer que la province de Banam a 28 000 inscrits et qu'une colonne de 40 Français et 80 Annamites l'a tenue 6 mois.
Toute cette affaire qui pourrait montrer le peuple cambodgien sous un faux jour a été une abominable comédie. Aujourd'hui qu'arrive t-il ? nous avons laissé le roi nous créer toutes sortes d'embarras. Nous lui avons continué notre considération apparente, le calme se rétablit parce qu'il le veut. Il restera dans le pays un sentiment d'inquiétude ; on craindra de le voir ordonner à un propos quelconque une prise d'armes.
Lui le sait, il aura ses exigences. Notre prestige en souffrira à l'extérieur dans ces régions de l'Indochine où nous sommes attendus, sinon désirés. Siam aussi prendra la note dans notre conduite . On sait l'antipathie profonde de la famille royale de Bangkok pour Norodom ; il y aura donc beaucoup de peine à prendre pour effacer la mauvaise impression produite par la solution qui comporte le maintien. Il sera bon de lui faire comprendre que c'est une faveur qu'on lui fait, qu'il ait à faire en sorte de nous satisfaire.
Absolument inabordable pour les mandarins et le peuple il n'est plus capable de modifier son genre de vie. Il est vraiment malheureux à tous égards qu'on en ait pas fini avec ce personnage qui pourra devenir fort gênant. Ainsi que nous le disions plus haut, le Cambodge est petit dans l'Indochine mais le peuple qui l'habite a souvenir d'une grandeur passée, ceux qui ne connaissent pas les Cambodgiens appellent ce sentiment intime qu'ils ont de l'orgueil. Janneau s'y est trompé, il n'avait pas eu le temps de les apprécier et était sous l'influence trop directe d'une smala annamite (femme, boys et escouade de miliciens).
Comme la ruine de l'empire khmer est due à l'arrivée des Siamois sur la scène et en dernier lieu des Annamites, il s'en suit qu'il est resté chez le Cambodgien une sorte de haine pour le premier, une aversion dédaigneuse pour le second ; on peut même dire répulsion.
L'un et l'autre ne sont pas de sa race. Lui vient de l'Inde, eux ont du sang chinois. La différence de sentiment qu'il a pour les deux ennemis héréditaires tient à ce que le Siamois a sa religion, que l'Annamite n'en a pas , tient à la communauté de mœurs de religion avec le Siamois. La différence de race seule les sépare. Les Annamites ont une barrière plus forte.
1er septembre Aujourd'hui à midi il nous reste 186 milles à faire pour atteindre Colombo. Le lever de la boîte aux lettres est pour 8 heures et ma lettre au gouverneur n'est pas commencée [...]

Il nous a toujours eu en aversion. Le 17 juin lui a donné de nous de l'horreur. Cette bête humiliée est capable encore de nuire.
Le peuple cambodgien qui avait parfaitement accueilli la convention qui en avait attendu les effets s'est tout à coup vu avant que nous lui ayons constitué des chefs commandé par des agitateurs dans une action contre nous ; la grande majorité s'est réfugiée dans les bois, le petit nombre qui n'a pu se soustraire à ces chefs et qui était surtout composé des anciens mandarins et de leurs clients chose fort explicable s'est rencontré avec nos colonnes. Mais qu'on ne croie pas à un soulèvement, cela n'est pas vrai. Tout ce que le roi a pu faire c'est nous opposer les malheureux obligés par leur position de lui obéir. Il faut songer que la province de Banam a 28 000 inscrits et qu'une colonne de 40 Français et 80 Annamites l'a tenue 6 mois.
Toute cette affaire qui pourrait montrer le peuple cambodgien sous un faux jour a été une abominable comédie. Aujourd'hui qu'arrive t-il ? nous avons laissé le roi nous créer toutes sortes d'embarras. Nous lui avons continué notre considération apparente, le calme se rétablit parce qu'il le veut. Il restera dans le pays un sentiment d'inquiétude ; on craindra de le voir ordonner à un propos quelconque une prise d'armes.
Lui le sait, il aura ses exigences. Notre prestige en souffrira à l'extérieur dans ces régions de l'Indochine où nous sommes attendus, sinon désirés. Siam aussi prendra la note dans notre conduite . On sait l'antipathie profonde de la famille royale de Bangkok pour Norodom ; il y aura donc beaucoup de peine à prendre pour effacer la mauvaise impression produite par la solution qui comporte le maintien. Il sera bon de lui faire comprendre que c'est une faveur qu'on lui fait, qu'il ait à faire en sorte de nous satisfaire.
Absolument inabordable pour les mandarins et le peuple il n'est plus capable de modifier son genre de vie. Il est vraiment malheureux à tous égards qu'on en ait pas fini avec ce personnage qui pourra devenir fort gênant. Ainsi que nous le disions plus haut, le Cambodge est petit dans l'Indochine mais le peuple qui l'habite a souvenir d'une grandeur passée, ceux qui ne connaissent pas les Cambodgiens appellent ce sentiment intime qu'ils ont de l'orgueil. Janneau s'y est trompé, il n'avait pas eu le temps de les apprécier et était sous l'influence trop directe d'une smala annamite (femme, boys et escouade de miliciens).
Comme la ruine de l'empire khmer est due à l'arrivée des Siamois sur la scène et en dernier lieu des Annamites, il s'en suit qu'il est resté chez le Cambodgien une sorte de haine pour le premier, une aversion dédaigneuse pour le second ; on peut même dire répulsion.
L'un et l'autre ne sont pas de sa race. Lui vient de l'Inde, eux ont du sang chinois. La différence de sentiment qu'il a pour les deux ennemis héréditaires tient à ce que le Siamois a sa religion, que l'Annamite n'en a pas , tient à la communauté de mœurs de religion avec le Siamois. La différence de race seule les sépare. Les Annamites ont une barrière plus forte.
1er septembre Aujourd'hui à midi il nous reste 186 milles à faire pour atteindre Colombo. Le lever de la boîte aux lettres est pour 8 heures et ma lettre au gouverneur n'est pas commencée [...]