Extrait du journal de Pavie

(© ANOM)

Transcription textuelle

On m'a flanqué dans le journal des articles qui m'ont contrarié très fort. Je l'ai écrit à M. Klobukowski (leur auteur). Je ne tiens point à tromper et c'est tromper le public que parler ainsi de mes cartes, simples itinéraires.
Depuis votre départ je n'ai absolument reçu en fait de récompense que des compliments, la situation de 3e adjoint au télégraphe ne change rien ni à ma solde ni à mon grade. Je l'ai demandé pour qu'on ne pût mettre un employé plus ancien que moi ou plus gradé à Pnom Penh ce qui m'eut mis dans une sorte de subordination vis à vis de lui et M. Lourme m'en menaçait tout bas.
Je n'ai pas renvoyé à l'imprimerie les 1ères épreuves de mon travail, « la ligne télégraphique de Pnom Penh à Bangkok », de peur qu'il lui arriva mal. C'est par vous que la mission m'a été donnée, un autre ne recevra pas pour vous mon tribut de reconnaissance.
M. Thomson m'a confié deux missions, celle que je remplis actuellement et une autre, je ne l'oublierai pas, mais il doit s'en contenter.
Je lui dois beaucoup, il m'a proposé pour la décoration et a même renouvelé sa proposition par dépêche, j'aimerais mieux tout perdre que de payer quelque chose.
Votre respectueux et plus reconnaissant serviteur
A. Pavie (copie d'une lettre à Le Myre de Vilers)