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L'INDOCHINE AVANT PAVIE

La Cochinchine (1858-1867)

Depuis le XVIIe siècle, les puissances européennes, et parmi elles la France, convoitent le vaste marché chinois et tentent de s'implanter dans la région. Au milieu du XIXe siècle la France possède peu de points d'appuis stratégiques en Asie, contrairement à l'Angleterre qui bénéficie en outre de traités commerciaux avantageux avec la Chine suite aux guerres de l'Opium (1839-1860).

Des persécutions antichrétiennes fournissent le prétexte à une expédition militaire lancée en 1858, mais le véritable objectif de Napoléon III est de négocier un traité commercial avec la cour de Hué. Après la prise de Tourane (Da Nang) sur la côte annamite et devant l'impossibilité de marcher sur Hué, l'amiral Rigaud de Genouilly décide la conquête de Saïgon (17 février 1859), grenier à riz de l'empire. Malgré la résistance de la population, des mandarins et des forces militaires impériales à laquelle se heurte l'avancée du corps expéditionnaire, l'empereur d'Annam Tu Duc est contraint de signer un traité. Le 5 juin 1862, il cède à la France les provinces de Saïgon, My Tho et Bien Hoa et l'archipel de Poulo Condor, auxquelles viendront s'ajouter ultérieurement trois autres provinces du delta du Mékong : Vinh Long, Hâ Tien et Chau Doc. Elles font le lien entre Saïgon et le Cambodge récemment placé sous protectorat français. En 1867 le suicide du mandarin et vice-roi du Mékong Phan Than Gian marque la fin de la phase de conquête de la Cochinchine. La lutte contre l'invasion française qui persiste jusqu'en 1873 est marquée par une répression sanglante.

L'expansionnisme français en Cochinchine présente une ambiguïté : soutenu par les missionnaires, les officiers de marine et les milieux d'affaires locaux, il se heurte aux réticences de certains cercles politiques métropolitains hostiles aux dépenses engendrées par une conquête dont les bénéfices immédiats paraissent aléatoires.