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L'INDOCHINE AVANT PAVIE

Les prémices de la conquête au Tonkin (1872-1874)

Après la mission Doudart de Lagrée (1866) le fleuve Rouge qui a son embouchure dans le golfe du Tonkin apparaît comme une alternative au Mékong pour accéder à la Chine. En ce début des années 1870, la situation politique instable de la région favorise l'idée d'une reprise de la conquête : le sud de la Chine est agité par d'importantes révoltes, l'empereur d'Annam est contesté au nord de son propre territoire. L'amiral Dupré, gouverneur de la Cochinchine, trouve prétexte en 1872 à une intervention militaire au Tonkin dans l'arrestation et l'incarcération à Hanoï de Jean Dupuis, commerçant et trafiquant d'armes français, qui a lancé des expéditions sur le Fleuve rouge malgré l'interdiction de l'empereur. Une expédition militaire est confiée à l'officier de marine et explorateur Francis Garnier. Garnier s'empare de Hanoï en novembre 1873, puis de plusieurs villes du détroit du Tonkin. Soutenues par les populations chrétiennes, les troupes françaises se heurtent aux Pavillons Noirs, rebelles chinois entrés au service de la cour de Hué. Francis Garnier est tué en décembre 1873. L'empereur d'Annam doit signer le traité du 15 mars qui prévoit le repli des troupes françaises sur Haïphong. En contrepartie il renonce à toute revendication sur les provinces de Cochinchine perdues en 1867, promet la fin des persécutions anti-chrétiennes et accepte l'installation d'un résident français à Hué, placé sous l'autorité du gouverneur de Cochinchine. Ce qui équivaut à l'instauration d'un protectorat sur l'Annam. Le traité est suivi d'une convention qui ouvre le Fleuve rouge au commerce. Ces deux textes achèvent avantageusement pour la France une campagne aventureuse initiée sans l'aval officiel du gouvernement français.