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L'INDOCHINE AVANT PAVIE

L'affaire du Tonkin (1882-1896)

L'arrivée au pouvoir des républicains marque la reprise de la conquête. En juillet 1881, le gouvernement de Jules Ferry obtient des crédits pour lancer une expédition au Tonkin. La raison officielle en est la lutte contre les Pavillons noirs, bandes armées chinoises installées dans les régions montagneuses. Le commandant Rivière, chef de l'expédition commanditée par le gouverneur de Cochinchine Le Myre de Vilers, s'empare de Hanoï le 25 avril 1882. Paris alors valide l'avancée du corps expéditionnaire en votant des crédits supplémentaires et en renforçant les effectifs. Les succès militaires et la crise dynastique qui suit la mort de l'empereur d'Annam, Tu Duc, affaiblissent la Cour de Hué qui signe le 25 août 1883 avec Jules Harmand, commissaire général de la République au Tonkin, le traité instituant le protectorat sur l'Annam-Tonkin. L'affaire du Tonkin pensée comme une opération limitée s'est transformée en guerre de conquête, vite doublée d'un conflit avec la Chine. Désormais les troupes françaises doivent lutter contre les forces vietnamiennes aidées par les mercenaires et les troupes officielles chinoises. Plus coûteuse et moins rapide que prévue, la campagne du Tonkin et notamment la perte de la ville de Lang Son, entraîne la chute de Jules Ferry le 30 mars 1885. La guerre franco-chinoise prend fin avec la signature, le 9 juin 1885, du traité de T'ien-tsin : la Chine renonce à ses droits sur l'empire d'Annam. Cependant, les Français doivent encore faire face à l'insurrection des lettrés vietnamiens qui soutiennent le roi Ham Nghi en exil et refusent de reconnaître Dong Khanh, souverain fantoche. La lutte armée de leur mouvement, Cân Vuong, dure dix ans et s'achève avec la mort de l'un de ses plus grands chefs, Phan Dinh Phung, en décembre 1895. Quant aux Pavillons noirs, leur résistance prend fin avec la reddition du De Tham, leur chef en 1897. Le haut Tonkin passe alors sous la domination de la France.