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LE CAMBODGE

Le protectorat français

Pavie insiste sur l'aveuglement des résidents, sur leur méconnaissance du peuple cambodgien qui a conduit à la débâcle française. Il est particulièrement hostile aux administrateurs civils. « Quoique je sois l'ennemi absolu du régime militaire, je pense qu'il faut demander à l'armée quelques uns des officiers qui ont concouru au rétablissement de l'ordre du Cambodge, de ceux-là qui ont montré dans les moments difficiles le calme qui doit marquer chez nous notre supériorité, qui ont su apprécier des gens contre lesquels ils ont risqué leur vie, qui ont par hasard parcouru telle ou telle région, plus que ne le feraient 20 administrateurs se succédant à de longs intervalles, qui ont vu les habitants chez eux et s'en sont fait connaître. »

L'entourage annamite des résidents, l'absence de contacts avec le peuple, la brusquerie et les impatiences des Français n'ont pas permis de s'attacher « les cœurs d'hommes qui veulent que nous les aimions et qui arrivent si vite à ce résultat qu'il ne se trouvera pas un Français connaissant les Khmers pour contredire cette opinion. »

Cette idée qu'il faut exclure les administrateurs ayant fait une carrière en Cochinchine ainsi que l'élément annamite, pour lui bien inférieur culturellement aux Cambodgiens, est une véritable obsession pour Pavie, touché par ce pays et les populations qui l'ont si bien accueilli. Il y revient à plusieurs reprises dans son journal. Laisser aux habitants le choix de leurs chefs indigènes et non leur imposer des gens qui sont étrangers à leurs races, c'est son credo.

« L'organisation du Cambodge s'impose dans ces conditions rapide et non lente, avec des hommes d'initiative et de rigueur et non avec des administrateurs gâteux qui se plaignent constamment que ce n'est pas ça le bien-être, le confortable qu'on leur avait promis. Le personnel formé en Cochinchine n'est pas préparé pour servir au Cambodge, il a pris avec les Annamites, fonctionnaires, peuple et boys, des idées qu'il ne veut pas comprendre qu'il faut absolument abandonner au Cambodge. C'est systématiquement qu'il faut l'en écarter. Il trouvera un assez large débouché en Annam et au Tonkin. Il n'y a pas plus de rapport entre le Cambodgien et l'Annamite qu'entre l'Indien et le Chinois. Vouloir administrer le premier avec des fonctionnaires formés chez le second est une absurdité. »