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L'HOMME

Les Cambodgiens

En 1885, Pavie obtient l'autorisation d'emmener avec lui treize jeunes Cambodgiens parlant thaï pour être instruits en France. C'est le point de départ de l'Ecole cambodgienne, devenue plus tard l'Ecole coloniale. Pour Pavie, il s'agit de former de futurs administrateurs empreints d'une double culture française et khmère. Pavie repart pour son nouveau poste à Luang Prabang en 1886 accompagné de quatre d'entre eux. A Phnom Penh, il recrute de nouveaux Cambodgiens pour l'assister. Certains l'accompagnent dans ses explorations ou s'en voient confier. Ils n'aiment pas plus les Siamois que Pavie et leurs journaux de marche en témoignent : « Ils mentent beaucoup ces êtres là ; ils sont bien au hors de la bouche seulement, mais au fond du cœur ils sont très mauvais envers les autres. » Beaucoup sont interprètes. Mais ils ont un rôle plus important. Ils sont particulièrement chargés de recueillir et de traduire les textes qui permettent la compréhension des civilisations khmère et laotienne. « Som a traduit l'une des chroniques du pays et a ajouté quelques renseignements recueillis par lui sur la hiérarchie des mandarins et sur leurs charges dans le royaume de Luang Prabang, sur les divisions territoriales, et sur les fêtes religieuses célébrées dans le Laos. Kieam a traduit le Pong Savadan de Lan Chang ; tous deux ont traduit ensemble le recueil des usages juridiques ou de la jurisprudence dans le pays de Luang Prabang. Kim et Sin ont travaillé sous la surveillance de M. Massie et avec le concours du chef des bonzes de Wat Mai à la confection d'un vocabulaire laotien–français qui pourra servir de base à un travail plus approfondi. » Tous sont restés attachés à Pavie. Parmi eux, on peut citer : Keo qui sauva le roi Ounkam et viendra voir Pavie en France ; Ngin, fils d'un orfèvre du roi, un des plus intelligents, pour lequel Pavie obtiendra la Légion d'honneur et qui restera à son service jusqu'en 1895 ; Oum, un des interprètes, qui, envoyé à l'Ecole coloniale, admis à Saint-Cyr, retrouvera Pavie lors de la délimitation de la frontière avec la Chine. Pavie rendra toujours hommage à leur dévouement.