Vous êtes ici
Accueil > Le Laos > Le vice-consulat de Luang Prabang > La promotion de Pavie
A- A+ Imprimer la page

LE LAOS

La promotion de Pavie

Usé par onze années d'Indochine, Pavie demande un congé pour rentrer en France. « Je sentais l'impérieuse nécessité d'aller me retremper sur le sol natal. »

Il arrive à Paris fin septembre 1885. Il pose sa candidature au poste de vice-consul de Luang Prabang : « J'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance le poste de consul de Luang Prabang et j'espère que vous voudrez bien tenir compte des titres que je puis avoir à ce poste de confiance. Depuis 17 ans j'habite l'Indochine et particulièrement le Cambodge, je parle la langue du pays et j'ai acquis par une longue pratique la connaissance des mœurs de ces contrées que j'ai parcourues en tous sens soit comme constructeur de la ligne télégraphique de Bangkok à Phnom Penh soit aussi comme interprète du gouverneur qui m'a en dernier lieu chargé à différentes reprises d'accompagner les colonnes marchant dans l'intérieur du Cambodge pour rétablir la sécurité. Je me permets de vous adresser un exemplaire des différentes publications que j'ai faites sur le Cambodge et sur le Siam. »

Pavie est nommé grâce à l'appui de Le Myre de Vilers et de Harmand. Il part pour Luang Prabang le 17 janvier 1886.

C'est son expérience qui lui permet d'être retenu pour ce poste. Il est d'ailleurs étonnant de voir à quel point Pavie correspond au profil que Jules Harmand (qui connaissait Pavie à l'époque) avait fait du futur candidat en juin 1885.

Ecouter l'extrait sonore

Télécharger l'extrait sonore

« Une mission de ce genre n'est pas de celles que l'on peut confier au premier venu, car elle demande du courage, de l'abnégation, un grand esprit de sacrifice et ne peut convenir à un vulgaire ambitieux. Il faut avant tout, pour l'accomplir, pour en supporter les difficultés physiques et morales, un caractère d'une grande élévation, qui cherche sa récompense dans la conviction de rendre à son pays des services aussi certains qu'obscurs. Je pense que l'on peut trouver encore toutes ces qualités réunies dans un seul homme, et que les services de la Cochinchine pourraient en fournir plusieurs, surtout si l'on s'adressait à ceux qui se sont déjà signalés par des recherches scientifiques et par l'amour de la nature. Ces études présentent le double avantage d'aider à supporter l'isolement, en même temps que ceux qui s'y livrent excitent beaucoup moins les soupçons des indigènes, auxquels cependant leurs occupations mystérieuses inspirent le plus grand respect. »

De simple télégraphiste Pavie est devenu diplomate. Il réalise son rêve.

« En considération des témoignages dont vous avez été l'objet auprès de moi de la part de MM. les ministres de la Marine et des Postes et Télégraphes, vous avez été nommé par décret en date du 11 novembre dernier vice consul de 2e classe et désigné pour remplir ces fonctions à Luang Prabang (Siam). Votre connaissance de la langue et des mœurs du pays ainsi que les voyages que vous avez accomplis en Indochine m'ont donné lieu de compter que vous justifierez la bienveillance de cette décision par l'utilité de vos services dans la résidence qui vous est assignée. La destination qui vous est assignée ne deviendra d'ailleurs définitive que lorsque l'exequatur du gouvernement du Siam aura été obtenu, et comme des difficultés se sont produites à cet égard, vous devrez jusqu'à ce qu'elles aient été aplanies, vous abstenir de prendre en aucune circonstance la qualité de vice consul de Luang Prabang. » C'est donc en simple voyageur que Pavie entreprend son voyage de retour.