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LE LAOS

Les consignes de Pavie

Les consignes de Pavie sont claires. Il doit être le plus discret possible. A Bangkok Pavie commence à s'impatienter. Il reproche au consul, de Kergaradec, son inaction. « Il s'est donné plus de peine pour expliquer la lenteur de son action qu'il n'en eut fallu à d'autres pour mettre dix missions en route [...] Il trouve que je suis très patient, que d'autres à ma place l'embêteraient du matin au soir. Il ne voit pas que je bouts. » Dans une autre lettre du 25 août 1886, il écrit : « Je vais partir pour Luang Prabang en simple particulier. M de Kergaradec n'a pas obtenu autre chose [...]. L'exequatur m'est bien égal par exemple, mais ce qui me mettra dans un grand embarras c'est le manque d'argent qui est probable. Ce n'est pas que je ne suis pas homme à aller quand même, mais les conditions sont particulièrement délicates comme vous pensez. [...] Ces Siamois sont, je l'avoue, assez habiles. Ils sont conseillés par des gens de nationalités différentes qui, étant donné la finesse des Asiatiques, en feront des gens très pratiques ; ils connaissent le faible de tous ces consuls d'Europe qui tiennent surtout à des relations d'apparence très cordiales et qui ne songent qu'à leur situation personnelle en cherchant à mettre les intérêts du pays d'accord avec elle. »

Pour Bangkok régler le problème des frontières entre le Siam et l'Annam est primordial. En revanche, pour Pavie, ce travail de délimitation des frontières est « la chose au monde la plus inutile » : « Délimiter quoi ? des régions qui dans notre idée sont destinées à nous tomber dans les mains un jour ?». Mais se retrouvant à la tête de la commission française, il doit s'exécuter. Le 21 septembre 1886 le roi du Siam se réjouit du succès de ses troupes au Laos et annonce que les Siamois vont maintenant mettre en place une nouvelle organisation administrative : « L'expédition militaire que nous avons dû envoyer dans les provinces du nord-est a poursuivi ses travaux avec persévérance. Ces provinces sont presque entièrement nettoyées des bandes de pillards, de ces Hos féroces qui menaçaient de s'y établir. Dans cet état il ne reste plus que quelques mesures administratives à prendre ; il s'agit avant tout d'organiser les provinces de Pou-Eun, Hopanh hoatanghoc et Sibsongchuthaï ». C'est asseoir le pouvoir du Siam. Aussi Pavie précipite-t-il son départ, en prenant la route comme un simple voyageur. Les Siamois lui imposent la route la plus longue. Il met près de six mois avant d'arriver à Luang Prabang et entre dans la ville le 10 février 1887.