Vous êtes ici
Accueil > Le Laos > Le vice-consulat de Luang Prabang > L'installation du vice-consulat
A- A+ Imprimer la page

LE LAOS

L'installation du vice-consulat

Les commissaires siamois proposent à Pavie une maison en bambous qui a été construite pour les mandarins de passage. Elle se trouve à un km du Mékong et au milieu du camp des soldats siamois. Pavie demande une installation « plus sérieuse. Ma situation m'obligeant à voyager presque constamment il ne serait pas sage de laisser pendant mes absences un bagage important dans une maison légère offrant prise au vent et à la pluie, exposée à une pareille distance de l'eau aux incendies si fréquents dans la région. » En réalité Pavie souhaite s'installer sur la rive droite du Mékong. «Une maison française serait là très bien placée ; elle pourrait avoir ses barques à la berge, un potager magnifique dans la belle saison, un beau parc sur la base et même jusqu'au sommet de la colline ouest. Les hauteurs offrent l'espace nécessaire pour que des éléphants domestiques puissent s'y nourrir sans qu'on soit obligé de les envoyer au loin ce qui est forcé sur l'autre rive. » Outre que la vue y est incomparable, « il faut ajouter que les routes du sud et de l'ouest y aboutissent [...] ». L'important pour Pavie est «de réussir à installer le poste et de faire accepter l'agent quoique la convention ne fût pas signée ». « Tout cela est fait », écrit-il à Le Myre de Vilers, le 27 mars 1887, « la maison consulaire est assurée comme terrain et construction. J'ai pu trouver un emplacement très joli que la photographie vous montrera et les travaux se feront pendant mon voyage au Tonkin. La maison est une superbe case du pays en bois dur sur pilotis mettant le plancher à 2 m du sol et le faîte ou toit à 11m 50. Elle se composera de 3 cases. Comme type j'ai pris la plus belle maison de prince du pays, il n'y a donc eu aucune difficulté pour l'exécution. Il ne pouvait être question d'une maison européenne. L'essayer eut été une sottise. Chaque case a 16 mètres de long sur cinq de large non compris la vérandah qui fait tout le tour extérieur et a 2m 50 de large. Les 3 cases sont unies en un seul bâtiment. Pour Luang Prabang ce sera superbe[...] .

Pavie se réjouit de sa nomination comme vice-consul et est fermement décidé à réussir : « En ce qui concerne le pays il me plaît beaucoup et je crois qu'on y peut travailler bien tranquille. Je l'avais prévu du reste, et je dois vous avouer que si je ne vous ai pas demandé de reprendre la garde de mes notes, c'est que j'ai tout voulu apporter avec moi. Oui. Tout ça est ici, dans ce merveilleux pays, désormais le mien. Je vais mettre toutes ces rédactions au point avec une liberté d'esprit que je n'aurais nulle part. » Il remercie encore Le Myre de Vilers de l'avoir choisi : « Vous savez avec quelle persistance je marche au but, des obstacles peuvent me tenir arrêté et me faire tâtonner, reculer c'est autre chose, je ne saurais prendre ce parti que dans un cas grave [...] Je pars avec l'idée que je réussirai [...] J'ai bon espoir que vous serez content de votre sauvage.»

L'objectif de Pavie est de rejoindre le Tonkin à partir de Luang Prabang. Avec le chef militaire siamois qui vient d'arriver triomphalement à Luang Prabang après avoir vaincu les Pavillons noirs et ramené des otages, il définit son itinéraire. Il doit d'abord rejoindre la ville de Theng en pirogues, puis de là suivre la voie de terre de la Rivière noire. Il se met en route le 30 mars 1887, accompagné d'un mandarin laotien et d'un jeune officier siamois.