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LE LAOS

Après le sac de Luang Prabang. L'image de Pavie

Les Hos sont partis. La ville a été pillée mais n'est pas détruite. La population regagne Luang Prabang. Pavie retire un grand bénéfice de sa conduite. Il a sauvé le roi, a soigné dix sept blessés dont le satou, chef des bonzes, de la pagode de Wat-Maï, qui devient un de ses fidèles amis. On lui sait gré de ne pas avoir pris la fuite. Il a pu « semer sans effort au Laos, un bon germe nouveau d'aimable attention pour la France.» « Les instructions formelles que le commissaire siamois a apportées de Bangkok étaient de m'isoler absolument, d'interdire à tout indigène l'accès de ma maison. Je continuerai à considérer cette façon de faire comme enfantine et servant bien plus notre influence qu'elle ne lui nuit et je ne doute pas que le malheur qui a éprouvé Luang Prabang par l'incroyable suffisance des agents siamois ne soit le point de départ de l'établissement sérieux de l'influence française. » Pavie a raison ; les langues se délient. Le roi lui affirme que son pays n'est pas une conquête du Siam. « Luang Prabang voulant protection contre toutes attaques, volontairement offrit tribut. Maintenant par son ingérence notre ruine est complète. Je voudrais ne plus le connaître. Si mon fils consent, nous nous offrirons en don à la France, sûrs qu'elle nous gardera de malheurs futurs ». On comprend l'excitation de Pavie. Grâce à l'aide du satou de Wat-Mai que Pavie a soigné, il fait transcrire les chroniques de Luang Prabang, qui, il l'espère, contribueront à prouver que Luang Prabang ne relève pas du Siam. La prise de Luang Prabang, le courage de Pavie marquent une étape : la conquête de fait du Laos par le Siam est remise en cause.

Pavie vient d'être nommé chef de la commission pour l'étude des frontières et deux officiers partis du Tonkin, Cupet et Nicolon, doivent le rejoindre. Il apprend l'envoi d'une colonne dirigée par le colonel Pernot dans les cantons thaïs pour chasser les Hos. Impatient et inactif depuis de longues semaines, Pavie décide de rejoindre la colonne française. Devant le refus de lui donner des éléphants - il en obtient seulement six sur les vingt-deux demandés-, il est contraint d'abandonner une grande partie de ses bagages. « Le gouvernement de Bangkok en me forçant à parcourir la route à pied, en m'obligeant à recourir aux moyens de transport les plus coûteux et les plus difficiles a évidemment pour but de diminuer l'importance de ma mission et aux yeux des mandarins et à ceux des gens du pays. » L'attitude des Siamois lui permet de se laisser aller à quelques réflexions et de construire peu à peu l'attitude qu'il va adopter.