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LE LAOS

La fin de la mission Pavie

Une des conséquences du traité de 1893 est la poursuite de la délimitation des frontières, entre la Chine et le Laos, d'une part, et, entre la Birmanie et le Tonkin d'autre part.

Pour la Chine, les travaux de la commission française d'abornement sur la rive gauche du Fleuve rouge sont achevés. Reste à définir la partie entre le Fleuve rouge et la Rivière noire, notamment celle concernant les territoires de Deo Van Tri, où la Chine a commis plusieurs empiètements. Une nouvelle mission se met en place : le premier groupe qui doit aller du Fleuve rouge à la Rivière noire est confié au lieutenant Tournier, le second sous la direction de Pavie assisté de Lefèvre-Pontalis et des lieutenants Mailluchet et Oum explore la région de la Rivière noire au Mékong. L'organisation matérielle de l'expédition est confiée à Deo Van Tri.

C'est en fait la guerre sino-japonaise qui va permettre à la France d'obtenir ce qu'elle souhaite. En effet, en contre-partie de son aide financière pour le paiement de l'indemnité de guerre consentie au Japon, la Chine cède tous ses droits sur les territoires compris entre le haut Mékong et le Nam Hou. La frontière va désormais du méridien de Dien Bien Phu à celui de Xien Hong. Le Yunnan est ouvert au commerce français et la France a le droit de poursuivre dans le Yunnan le lignes des chemins de fer annamites.

Pour régler le problème des frontières dans le haut Laos, une commission franco-anglaise est constituée le 25 novembre 1893, dont Pavie est le commissaire français. Se pose la question de la création d'un état tampon entre la Birmanie et le Tonkin avec abandons réciproques de territoires. Les travaux doivent porter principalement sur la limite des Sip Song Panna et l'état de Xieng Kheng. Pavie retrouve les Anglais à Muong Sing le 7 janvier 1895. Face à lui la délégation anglaise est fort imposante. Outre les gourkhas, il y a « 82 indiens bengalais ou khassias attachés aux officiers topographes. » Tandis que la commission française s'est installée avec les moyens trouvés sur place, les Anglais ont emporté des tentes militaires d'Inde à dos de mulets. « Pendant trois mois vivant côte à côte, de la même existence, tantôt réunis, tantôt dispersés par petits groupes comportant des membres des deux missions, nous avions, quelles que fussent nos vues différentes sur le motif de notre présence, entretenu des relations d'une simplicité cordiale qui s'harmonisait singulièrement avec le cadre naturel dans lequel nous étions transportés. Chaque séparation et chaque réunion étaient l'occasion de repas que tous s'attachaient à rendre agréables à leurs hôtes par la recherche d'attentions aimables qui suppléaient au confortable absent. »

Du 22 janvier au 23 mars les différents groupes parcourent les terrains contestés. La commission se retrouve à Xieng Kheng mais ses membres se séparent sans avoir conclu un accord. En effet Français et Anglais se disputent le territoire de Muong Sing sur la rive gauche du Mékong. Les Anglais le font occuper le 2 mai. L'accord franco-anglais n'est signé que le 15 janvier 1896. L'Angleterre évacue Muong Sing en échange de la garantie de l'indépendance et de l'intégrité du Siam.