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LE LAOS

Le départ d’Indochine

Le 19 avril 1895 les princes laotiens reçoivent des mains de Pavie l'investiture du gouvernement français. « Tous ceux ayant part à la direction des affaires y assistèrent : le peuple entier y fut convié. Au nom du gouvernement de la République et par délégation du gouverneur général de l'Indochine, je confirmai les Princes dans leurs situations dans le Laos devenu possession française. Pieusement ils reçurent des mains de celui qui aimait tant leur pays, la charge de continuer sous l'autorité de la France à le conduire avec sagesse et bonté». Pavie quitte alors Luang Prabang avec Deo Van Tri qui fait une partie du chemin avec lui vers Hanoï. C'est la dernière fois qu'ils se voient. A Hanoï la mission est dissoute, les compagnons de Pavie sont remis à la disposition de leurs administrations ou de leurs corps respectifs. Le 18 juin Pavie est à Bangkok où il communique au prince Devawongsé la liste des principaux cas de violation du traité et remet au roi ses lettres de rappel. Pavie doit rester jusqu'à l'arrivée de son remplaçant. Il se rend compte alors combien la cour de Bangkok attend son départ avec impatience et espère « voir le nouvel agent envisager les choses sous un jour plus favorable pour la cour du Siam. »

Le 7 septembre Pavie quitte l'Indochine. Les mois suivants sont consacrés à la rédaction en compagnie de Cupet de la carte de l'Indochine et à tenter de résoudre le contentieux avec l'Angleterre ainsi que les derniers litiges avec le Siam.

En 1896 Pavie est promu ministre plénipotentiaire et est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur. Il n'est plus jamais revenu en Indochine.

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« 19 avril.- Mes adieux sont faits, la barque est en route. Je m'en vais heureux d'avoir pu conduire jusqu'au bout la tâche qui me fut confiée que j'aime à revoir en me souvenant.
Fidèle aux pensées qui m'inspiraient lorsque plein d'enthousiasme et fort de la confiance de ceux qui m'avaient mis en route, je partis pour la première fois vers les hautes régions de notre Indochine, j'étais à l'avance, par une affection qui grandit sans cesse, acquis sans réserve aux bons habitants des grands territoires vers lesquels j'allais et je formais le vœu, fervent et profond qu'ils prissent pour la France les mêmes sentiments que j'avais pour eux. Chercher à plaire à des populations que déjà j'aimais, n'avoir d'autre ambition que d'être utile à mon pays, adapter mes actes aux variations des faits, prendre les leçons des choses sans m'attacher aux abstractions préconçues, telle fut ma politique si ce terme peut être ici de mise.
Les circonstances témoignèrent si clairement et presque dès le début de la sincérité de mes intentions que je recueillis, partout sur mes pas l'impression des cœurs s'unissant au mien. Haute récompense : je connus la joie d'être aimé des peuples chez qui je passai. »