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L'INDOCHINE AVANT PAVIE

Les premiers contacts XVIIe-XVIIIe siècles

La présence française dans la péninsule indochinoise remonte au XVIIe siècle. Elle se fonde à la fois sur des intérêts religieux et commerciaux et s'appuie sur la présence des missionnaires et notamment sur la très influente Société des Missions Etrangères, fondée à Paris en 1658. Afin de contrebalancer les influences hollandaise et britannique en Asie, la France négocie en 1680 le monopole du commerce des épices avec le Siam. Cependant à la suite de l'échec des deux ambassades envoyées par Louis XIV en 1685 et 1687, ce pays se ferme aux Européens jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Le rôle des missionnaires, proches des populations locales, est à l'origine de l'intervention militaire de la France en Cochinchine au sud de la péninsule indochinoise. Nguyen Anh, roi d'Annam, est mis en difficulté par la révolte des Tay Son (1771-1802). Pigneau de Béhaine, évêque missionnaire d'Adran, lui propose le soutien armé de la France et négocie en échange un traité signé en 1787. La France reçoit la propriété du port de Tourane et de l'île de Poulo-Condor, ainsi que le privilège exclusif du commerce avec la Cochinchine. Grâce à l'aide personnelle de Pigneau de Béhaine et de troupes ralliées à sa cause, Nguyen Anh réussit à unifier le royaume du Dai Viet (actuel Vietnam) en 1802 et devient empereur sous le nom de Gia Long. Le nouvel empire des Nguyen comprend : la Cochinchine au sud, l'Annam au centre et le Tonkin au nord. En 1820, à la mort de Gia-Long, souverain francophile, la cour de Hué interrompt toute relation diplomatique et commerciale avec la France et cela malgré l'implantation de nombreuses communautés chrétiennes. Il faudra désormais attendre la seconde moitié du XIXe siècle et la politique expansionniste du Second Empire pour que la péninsule indochinoise fasse l'objet d'un projet de conquête.