Vous êtes ici
Accueil > Autour de la mission Pavie > Les autres voyages > Yersin
A- A+ Imprimer la page

AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Yersin

Alexandre Yersin, né suisse, se fait naturaliser français en 1888. Après des études de médecine, il entre au laboratoire de la rue d'Ulm, futur institut Pasteur. Il prend part aux travaux d'Emile Roux sur la diphtérie, et à la rédaction des mémoires sur le bacille diphtérique et sa toxine. En 1890 il s'embarque pour l'Indochine en tant que médecin des Messageries maritimes. Yersin souhaite explorer le pays « moï » c'est-à-dire la région des hauts plateaux de l'intérieur du centre et sud de l'actuel Annam. Il part de la côte d'Annam vers Bien-Hoa et le plateau de Lang Bian. Il parcourt près de 500 km de mars à juin 1892. Fasciné par cette vie d'exploration, Yersin incorpore les Troupes de la marine et devient médecin des colonies. Sur les conseils du capitaine Cupet, il parcourt la région entre la côte et le Mékong. Il obtient à son retour une nouvelle mission du ministère de l'Instruction publique afin d'approfondir l'exploration de son précédent voyage dans le sud de l'Annam vers la rivière Donnaï. En décembre 1893, il rencontre Pavie à Saïgon au moment où s'organisent les différentes missions de délimitation des frontières avec l'Angleterre et la Chine. Mais Yersin souhaite rester indépendant et refuse de suivre Pavie.

Yersin va cotoyer les Moïs Bihs et les Penongs. Il livre quelques descriptions vestimentaires et coutumières, fait des photos. Comme beaucoup de ses contemporains, il se contente de décrire et reste persuadé de la supériorité de l'Européen. « Ils comprennent notre supériorité et désirent notre présence parmi eux. D'ailleurs c'est un peuple essentiellement sauvage qui n'a pas d'écriture donc pas de traditions. Ils ne connaissent même pas les divisions du temps. »

A la demande de l'Institut Pasteur et du gouvernement français il se rend à Hongkong en 1894 où une grave épidémie de peste s'est déclarée. Il découvre alors le bacille responsable de la maladie. De retour en France en 1895 il met au point avec Emile Roux, André Borrel et Albert Calmette un sérum anti-pesteux. Yersin retourne en Indochine et s'installe à Nha-Trang fondant un laboratoire pour étudier les maladies humaines et les épizooties locales. Il s'intéresse aussi à l'agronomie tropicale et parvient à acclimater l'arbre à caoutchouc et l'arbre à quinquina. Il meurt à Nha-Trang en 1943.