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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

L'habitat

« Les localités sont généralement installées à proximité des défrichements et construites au centre d'un fourré impénétrable formant une excellente défense. Un ou deux sentiers au plus, percés en zigzag dans les broussailles y donnent accès. On les entoure presque toujours d'une ou plusieurs enceintes, garnies extérieurement de lancettes en bambou et percées de portes étroites qu'on ferme pendant la nuit. Quelquefois un toit en miniature abrite une plate-forme où sont déposés des aliments, de l'eau pour les génies voyageurs. Les cases sont construites sur pilotis comme celles des Laotiens et des Cambodgiens. Les colonnes principales sont en bois, le reste en bambou. Le tout est recouvert de chaume ou de feuilles de palmier, quelquefois de bambous aplatis. Le plancher est à claire-voie en bambou ou en bois. Peu ou pas de fenêtres. Comme disposition générale les cases sont réparties sur le périmètre d'un cercle au centre duquel s'élève la maison commune. C'est là qu'on se réunit pour causer après les travaux de la journée, que l'on boit ensemble les jours de fête la bière de riz ou de maïs. Chez les peuplades qui n'ont pas de maison commune, comme chez les Penongs, les Radès et les Djaraïs du sud, les habitations sont groupées pêle-mêle sur un espace restreint sans souci de la symétrie. L'intérieur est divisé en autant de chambres qu'il y a de familles. Un compartiment est réservé aux étrangers et aux réunions de la communauté tantôt au milieu tantôt à l'une des extrémités. Les armes sont suspendues aux murailles, aux piliers ou à la toiture à portée de la main. Une plate-forme faite de rondins à peine dégrossis et recouverte en partie par le toit conduit à l'entrée principale de l'habitation. On y accède à l'aide d'une poutre entaillée à la hache, genre d'escalier d'un usage peu pratique pour les Européens. Chaque chambre a son foyer. C'est généralement un cadre de bois reposant sur le plancher, contenant de la terre ou du sable [...] dans les maisons riches des lits de camp formés d'énormes madriers garnissent les deux côtés de la salle commune. Cà et là sont suspendus, au hasard des parois ou à la toiture des fétiches, des gongs, des engins de chasse ou de pêche, des ustensiles de ménage... » (Cupet chez les Bahnar)

« Les villages laotiens sont presque toujours construits le long des cours d'eau importants, en des points où les alluvions se sont accumulés, généralement aux débouchés des affluents secondaires. Les cases se développent parallèlement aux rives sur une ou deux lignes séparées par une rue, suivant l'importance de la localité. Elles sont construites sur pilotis, à 1m50 ou 2 mètres au-dessus du sol et recouvertes de chaume ou de bambous aplatis. La façade d'entrée est garnie d'un auvent. Le dessous sert d'abri à la basse-cour et aux bestiaux et d'installation au métier à tisser. Un jardin palissadé les entoure. L'indigène y cultive des légumes, du piment, de la salade, quelques cannes à sucre, quelques pieds de tabac, empiétant sur les berges à mesure que les eaux se retirent. Chaque famille a ses arbres fruitiers [...] l'aspect des villages est des plus coquets. On les voit apparaître sous un fouillis de feuillage réunissant toute la gamme des verts sur lequel s'enlèvent çà et là avec plus ou moins de vigueur le somment grisâtre des cases et les tuiles bariolées des pagodes [...] de près l'impression qui se dégage est d'essence moins poétique. La malpropreté y domine, révélant l'incurie, la paresse et un mépris absolu des lois les plus élémentaires de l'hygiène. A l'intérieur des habitations le mobilier est très sommaire, quelques nattes, quelques paniers, peu ou pas de sièges. Un matelas mince, bourré de coton étendu sur le clayonnage de bambou formant le plancher et une couverture pour la saison froide font tous les frais de la literie. Une ou plusieurs marmites de cuivre composent la batterie de cuisine. Si nous ajoutons à cette énumération quelques bols de porcelaine, des récipients en terre cuite, un mortier avec son pilon pour décortiquer le riz, un métier à tisser nous aurons passé en revue à peu près tout l'ameublement [...] On ne rencontre nulle part de villages fortifiées ou entourés de haies de bambou comme ils le sont tous au Tonkin indice de sécurité et de mœurs paisibles. (Cupet)