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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

La charrette laotienne

« Comme instrument de torture l'ustensile est assez trouvé. Impossible de s'y tenir assis ou couché ; pour y prendre place il faut bon gré mal gré se pelotonner sur soi-même comme les indigènes à la façon de ce bon cardinal de La Balue dans sa cage légendaire. Comme l'objet où l'on roule ainsi manque totalement de ressorts et comme la route abonde en cailloux, le contenu est sans cesse projeté tantôt contre le fonds tantôt contre les côtés ou bien lancé la tête la première contre la carapace en rotin tressé qui sert de toit. Quant aux passages difficiles il est sage de les éviter en s'extrayant du panier, surtout aux gués des ruisseaux. La prudence la plus élémentaire commande de laisser attelage et véhicule dévaler tout seuls, à fond de train, la pente descendante ; quitte à voir l'un bondir par dessus les autres et le tout aller culbuter au fond, de conserve, entraînant les charretiers attelés à l'arrière en guise de frein. Quitte à voir ensuite à la montée, les bouvillons rétifs résister à la nuque, en frétillant de la queue, aux arguments les plus frappants des criards laotiens qui se cramponnent en vain à la ficelle persuasive passée aux naseaux de l'attelage. En fin de compte, chacun s'en tire, se relève, se hisse sur l'autre bord, l'un poussant l'autre. Deux coups de hachette, trois chevilles de bois à la machine et le tout est remis sur pattes ou sur roues. On repart sans que rien soit jamais cassé... que les bagages ». (de Malglaive)