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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Les bonzes

« Les chefs religieux jouissent ici d'une véritable autorité et sont entourés d'un grand respect. Ils sont les éducateurs de la population. Tout élevé doit prendre la robe jaune et se raser les cheveux. Et princes et fils d'esclaves une fois religieux deviennent égaux. Les voeux ne sont pas de longue durée et se renouvellent par semaine ou par mois. La ferveur bouddhiste est grande chez le peuple [...] Si nous venions un jour à dominer le pays, il faudrait tenir grand compte du sentiment religieux et éviter de le froisser. Nous devrions faire en sorte que les bonzes trouvent un avantage matériel dans le changement et n'aient aucune plainte à formuler. Ce serait un véritable danger que de les avoir contre nous [...] comme ils sont les plus instruits parmi les Laotiens, les dépositaires des archives historiques du pays, les chefs de pagode sont aussi ceux chez lesquels le sentiment de l'unité laotienne et de l'indépendance se développerait avec le plus de vigueur. (Massie)

« Le bouddhisme pur, apporté en Indochine il doit y avoir 4 ou 500 ans, qui au début a dû s'imposer par la force ainsi que les ruines le prouvent, est devenu la religion la plus tolérante de la terre. Il faut rechercher la date de l'arrivée des missionnaires en Indochine et voir que la partie de cette région qui pratique le bouddhisme pur est le seul pays où ces prêtres aient trouvé une sécurité presque absolue. La facilité de prédication ils l'ont toujours trouvée et cela explique en quelque sorte leur insuccès ; s'ils avaient versé le sang en cherchant à implanter la religion chrétienne ils se fussent inévitablement conquis des sympathies comme cela est arrivé partout ailleurs. Ici on leur a non seulement fait bon accueil, on leur a souvent fourni pour leurs besoins et les bonzes n'ont pas été les derniers à leur venir en aide. Si on voit quelquefois des chefs de pagode se plaindre timidement des audaces de quelque jeune missionnaire fanatique c'est qu'il a réellement supporté des offenses sérieuses ; pour qui connaît le pays cela ne fait pas de doute. Aussi peut-on dire que c'est un des plus grands avantages que nous puissions trouver dans une colonie cette unité de religion qui met Siam, le Laos et le Cambodge sous la même idée morale [...] Ainsi notre conduite est toute tracée à l'égard des bonzes, leur témoigner le respect qu'ils méritent en somme, les aider au besoin, nous en faire de véritables auxiliaires. » (Pavie)