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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Architecture et bibliothèques

« Nous arrivons là [Vien Chan] préparés à ne trouver que des ruines non pas de ces ruines grandioses comme celles qui sont la gloire du Cambodge mais de ces débris pittoresques d'un art inférieur comme Luang Prabang aussi bien que Bangkok en renferme. C'est déjà une satisfaction pour l'œil que le gracieux mélange des formes élégantes et d'une belle végétation. Et sans compter les souvenirs historiques et les faits politiques d'un intérêt si actuel que Vien Chan nous rappelle, nous éprouvons une véritable curiosité à visiter ce qui reste de l'ancienne capitale. Un notable nous promène sous les sentiers ombragés de cette ville bousculée, où les cases très espacées continuent à se construire autour des pagodes ruinées. Les grands bouddahs dorés, dépourvus d'abris restent dans leurs temples qui n'ont plus de toits et reçoivent encore les offrandes de quelques bonzes. Ce sont eux sans doute qui près de chaque ruine ont édifié de petites cases où ils ont entassé pour les arracher aux injures du temps les statuettes du Phra-Chau. Il y en a des centaines et même des milliers. Beaucoup sont en bronze d'une telle grandeur reproduisent le même type, assez particulier du bouddah au nez pointu et recourbé dont l'origine m'échappe. » (Lefèvre-Pontalis)

« Quelques-unes [pagodes] sont très anciennes, presque dans toutes l'on trouve une véritable bibliothèque. Les manuscrits qui y sont enfermés sont faits avec des feuilles de palmier découpées en lanières de 40 à 45 centimètres de longueur sur 7 de largeur. Ces lanières sont à l'une de leurs extrémités percées d'un trou. Ce trou sert à les relier en volume ou plutôt à les attacher. Le nombre de feuillets au volume est très variable. Sur les feuillets les caractères sont gravés en creux à l'aide d'un stylet. Les creux une fois formés, l'on passe du noir sur toute la feuille et on l'essuie ensuite avec un linge, les parties creuses gardent le mélange de cire et de noir de fumée qui constitue la couleur noir. Les parties planes reprennent leur couleur naturelle. De ces manuscrits les uns sont écrits en langue et en lettres Pa-li, les autres en caractères et en langue laotienne. Le Pa-li est surtout employé pour les livres du culte, les romans, les chroniques, l'histoire, les règlements du pays sont écrits en laotien. » (Massie)