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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Les fêtes. La danse et la musique

« On me fait asseoir derrière deux grandes jarres remplies d'un liquide sale à l'odeur forte dans lequel trempent d'innombrables petits tubes de bambou. Autour d'elles sont accroupis revêtus d'un manteau rouge les notables de l'endroit. Chacun d'eux recourbe vers lui un des légers bambous et aspire de temps en temps, l'air satisfait. On me fait la gracieuseté d'incliner vers moi un de ces tubes d'aspiration et ma foi, je goûte aussi à ce liquide qui est de l'alcool de riz ou lao. Il est aigre et ne tente aucunement mon palais raffiné d'européen.[ ...] Un murmure s'élève et au milieu de la salle un grand vide se fait. Un Laotien bien découplé se place là, un sabre dans chaque main. L'orchestre commence son interminable bruit : un tam tam, un tambour sur lequel on frappe avec les doigts et des cimbales en constituent les éléments. C'est monotone et assourdissant. Le danseur débute. Ses mains agiles et souples passent derrière la tête, se croisent, se mêlent, reviennent devant, se détournent. E tout cela en tenant les sabres dont on ne voit que les éclairs blancs dans les passes rapides. En même temps il danse ; ses pieds pirouettent, son corps se balance, il s'avance lentement sur un pied, puis bondit soudain sur l'autre, se retourne, met un genou à terre, très rapidement et avec une agilité extraordinaire. Et toujours les éclairs blancs des sabres voltigent au dessus de sa tête. Après lui d'autres danseurs, avec ou sans sabre viennent captiver l'attention d'un auditoire que les tasses de lao commencent à échauffer. A 11h fatigué je me retire, toute la nuit j'ai la tête cassée par l'énervant orchestre. » (Récit du lieutenant Seauve au village de Ban Pou Piin)

« Les habitants du village, braves gens qui cherchent à me faire plaisir, m'offrent l'original spectacle d'une danse mou-seu : successivement 4 hommes s'avancent auprès du feu, chacun joue d'un instrument appelé khen composé d'une courge percée de trous pour y poser les doigts et à laquelle sont adaptés plusieurs tubes de bambou de longueurs différentes. Le son est plaintif, un peu étrange, mais pas désagréable :  on dirait un air, toujours le même, d'une vieille chanson du passé, comme on devait en chanter en s'accompagnant d'une épinette. Les danseurs tournent en rond et le long d'un cercle de petit diamètre. Ils se suivent lentement, rythment leurs mouvements aux sons de leur musique mélancolique. Ils jouent en dansant et leur danse se compose d'une série de pas faits en mesure à droite ou à gauche, comme dans le pas des patineurs. Le corps se balance d'un mouvement doux, sensuellement souple. A chaque changement de rythme ils se laissent tomber sur un pied qui frappe violemment la terre et pirouettent vivement. Comme chaque danseur joue de son instrument sans se préoccuper du voisin et que les instruments sont loin d'être daccords (sic), c'est une cacophonie qui ne fait qu'augmenter dès qu'un nouvel arrivant entre dans le cercle. » (Description par Macey d'une danse chez les Kha Mou-Seu).