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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Le marché

« La rue du marché a 1200 mètres. Les femmes font leurs étalages sur les côtés. Il n'y a pas de constructions spéciales, chacune vend sous un abri qu'elle a installé ou en plein air. Il y a des princesses marchandes d'étoffes, de vêtements, d'objets de provenance européenne, des sauvages vendant des légumes, des pousses de rotin, des fleurs de bananiers, des oiseaux pris au piège ou à l'arbalète. Les Laotiennes de Luang Prabang vendent du fil de coton, des tissus ; ce sont elles qui étalent le mieux la chaux à bétel, d'une blancheur rare, la cire pour les lèvres, le poisson frais. On ne saurait croire l'attrait qu'offre cette promenade de 8h à 11h. Tout est propre. Point de ces condiments à odeur repoussante comme l'eau de poisson de Cochinchine, la pâte de chevrettes du Siam ou le poisson pillé du Cambodge qui rendent désagréable à l'Européen la circulation dans les marchés indigènes. Chaque marchande est assise sur un tabouret de rotin, a son étalage, sur des feuilles fraîches si c'est de la viande de buffle, de porc ou de poisson, sur un clayonnage de bambous recouvert d'un tapis si c'est de la marchandise sèche ... [les Indigènes] n'ont pas de répugnance à se nourrir de la chair de diverses bêtes que nous n'admettons qu'en cas de famine ; ils ne voient pas pourquoi on ne mangerait pas aussi bien de la taupe que du porc. Quelqu'habitude on ait de ces usages, il ne nous semble pas moins drôle de voir dans les élégantes corbeilles des femmes revenant du marché des tourterelles avec des rats sur des oranges, des chauve-souris entre un bouquet et des poissons. Ce qui frappe le plus dans cette grande foire aux provisions de tous les jours c'est le silence, note dominante. » (Pavie. Description du marché de Luang Prabang)