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AUTOUR DE LA MISSION PAVIE

Dien bien phu

« Depuis cinq ans Dien-bien-phu n'avait cessé de se développer et l'ancien désert retrouvait peu à peu l'aspect de ce grand jardin où, suivant la légende, la courge mère des Thaïs s'était merveilleusement développée. En 1890 lors de mon premier séjour à Dien-bien-phu, le poste militaire, composé de tirailleurs tonkinois occupait dans la plaine une partie de l'ancien camp annamite de Xieng-Lé, entouré de remparts en terre. A la suite de notre passage le poste fut transporté sur le mamelon de Xieng-Kiane où la tradition fait reposer les restes de Koun Borom l'aïeul de tous les Thaïs. Un assez gros village s'était peu à peu formé, au pied de la colline, sur les bords du Nam-Yonne, mais l'importance de la garnison, presque entièrement formée de gens du pays allait diminuant de jour en jour, à mesure que la sécurité se développait [...] jamais d'ailleurs Dien-bien-phu ne m'avait paru plus intéressant car on commençait à y constater les résultats de la sage administration des lieutenants Gassouin et Noiré qui avaient si bien réussi à gagner la confiance et la sympathie des habitants [...] On ne pouvait se dissimuler l'immense intérêt qui s'attachait à ce que Dien-bine-phu recût le plus rapidement possible tout son développement. Placée entre deux pays mal cultivés et médiocrement exploités cette grande plaine pouvait devenir comme par le passé le grenier de tout le haut Laos, le centre d'attraction des commerçants du voisinage, le siège principal de notre action politique et économique et s'il le fallait, le point de concentration de tous nos efforts dans cette partie de l'Indochine. C'est ainsi que je me représentais l'avenir de Dien-bien-phu. » (Lefèvre Pontalis)